ATHLE.ch VINTAGE | BIOGRAPHIE PIERRE DÉLÈZE / EPISODE 17 | Au milieu des années '70, un jeune et prometteur coureur de demi-fond nommé Pierre Délèze intègre les cadres nationaux dirigés par Jean-François Pahud. C'est le début d'une fantastique histoire qui va conduire le Valaisan jusqu'au top niveau du demi-fond mondial. ATHLE.ch VINTAGE propose de revivre la carrière exceptionnelle du plus magnifique miler de l'Histoire de l'athlétisme suisse. Le dix-septième des dix-huit épisodes de cette biographie est consacré aux saisons 1991 à 1993 que Pierre Délèze a passé principalement sur la route.

Quatre mois ont passé et on retrouve Pierre Délèze à Lucerne pour la traditionnelle Stadtlauf qu’il termine en quatrième position. Sur la piste, quelques compétitions montrent qu’il n’y a plus autant d’aisance que par le passé. Le 18 mai à Levallois (France), il court un 3000 m en 8’09″40. Le 4 juin à Bratislava se dispute un 5000 m qu’il termine en 14’00″55, alors qu’une autre tentative sur la distance est réalisée le 3 juillet à Stockholm, mais il n’arrive pas à faire mieux que 14’11″77. La 10 juillet se tient à Lausanne la sixième édition d’Athletissima à la Pontaise. Il court sur 1500 m et termine huitième en 3’42″20. Une session d’entraînement en altitude promet certainement un regain de forme, qu’il voudra montrer à Olten aux championnats suisses. Ce jour-là sur l’autoroute, il y a d’énormes bouchons, tant et si bien que Pierre manque la chambre d’appel pour le 5000 m et il est irrémédiablement éliminé ! Ne pouvait-on pas faire comme en 1984 à Zofingen lorsque pareille mésaventure était arrivée à Franz Meier (LV Wettingen-Baden) au 400 m haies ? Le jury avait rassemblé tous les coureurs et demandé s’ils étaient d’accord de laisser courir Meier. Personne ne s’y était opposé et Franz Meier avait pu finalement fêter le titre suisse. Exit Délèze, pour qui il ne reste que le 1500 m de Weltklasse à Zurich, le 7 août, pour espérer un nouveau chrono sous les 3’40″00 sur 1500 m. Il termine bon cinquième, mais en 3’42″39. Enfin pour faire honneur à ses obligations de club, il court encore un 5000 m en 14’02″68 lors de la finale des interclubs le 14 septembre à Zurich. Il enchaîne comme l’an dernier avec le Tour du Greifensee, bouclé cette fois-ci plus rapidement en une heure et cinquante-neuf secondes, pour une belle deuxième place. Le programme de l’automne 1991 ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de l’an dernier. Il gagne trois fois de suite : le 19 octobre la Course du Comptoir à Delémont, le 9 novembre la Corrida d’Octodure à Martigny et le 16 novembre la Corrida Bulloise à Bulle. Il doit par contre déchanter le 30 novembre 1991 à Bâle où il termine troisième derrière les Allemands Karsten Eich, de l’ancienne RDA, qui l’avait déjà battu à Zurich l’an dernier et qui a dominé l’épreuve de toute l’ampleur de sa foulée, ainsi que derrière Dieter Baumann, le médaillé d’argent du 5000 m aux Jeux de Séoul et qui détient cette année la meilleure performance mondiale sur 3000 m en 7 »33″91. Pierre Délèze n’a donc pas démérité avec sa troisième place, même s’il reste à cinquante-sept secondes du vainqueur. «Le départ a été si rapide que j’ai été partiellement asphyxié, et, je dois l’admettre, j’ai beaucoup souffert par la suite pour me maintenir au troisième rang». On peut lui faire confiance : ce sera encore lui l’homme à battre dans une semaine à Genève. Le 7 décembre, il fait assez frisquet dans le Parc des Bastions et dans les rues étroites et sinueuses de la vieille ville de Genève. La liste des engagés a belle allure, mais au fur et à mesure que les heures passant, les défections se succèdent. Au point de se demander s’il allait rester quelqu’un pour tenir la foulée de Pierre Délèze et l’empêcher de mettre à son compte une sixième victoire dans cette épreuve. Pour remplacer les Cram, Kaldy, Metaferia, Sambu ou Eich, autant de champions tous défaillants, les organisateurs ont fini par dénicher un Anglais bien connu, Gary Staines, d’abord, puisqu’il est vice-champion d’Europe du 5000 mètres et qu’il a déjà couru la distance en 13’14″0, et un Kenyan, William Sigei dont le nom ne disait pas grand-chose à personne. Mais, on le sait, depuis pas mal d’années déjà, un Kenyan en chasse un autre et, lorsque l’un d’entre eux apparaît quelque part, c’est qu’il faut s’en méfier. Effectivement, Sigei, après avoir couru de conserve avec Staines et Délèze jusqu’aux deux tiers du parcours, prend littéralement la poudre d’escampette. Le Britannique tente en vain de s’accrocher, tout comme le Valaisan. Passant la ligne d’arrivée en 25’44″0, Sigei bat de vingt-quatre secondes le record que Markus Ryffel avait établi en 1989. Gary Staines, qui a pour ambition de participer aux Jeux Olympiques de Barcelone sur 5000 m ou sur 10000 m termine à seize secondes, alors que Délèze, troisième à vingt-cinq secondes, n’est qu’à une seconde de l’ancien record ! Pierre termine la saison avec une nouvelle participation à la Course de Noël à Sion. Ce 14 décembre, il fait -5°C dans le chef-lieu valaisan, mais cela n’a pas empêché Pierre Délèze de réaliser une démonstration de haut niveau. Chez les hommes, on sait que Markus Graf va être l’adversaire le plus coriace de Pierre. L’enfant du pays et le Bernois sont restés ensemble durant les deux tiers du parcours, suivis à distance respectable par Kai Jenkel, Alirio Oliveira et Michel Délèze. Ne voulant prendre aucun risque, Pierre place une légère accélération à un kilomètre de l’arrivée et fait immédiatement la décision. Il achève sa saison 1991 de belle façon. Sur la route, Pierre est vraiment très fort. Va-t-il continuer à courir sur la piste avec des chronos qui sont tout de même éloignés de ce qu’il a pu réaliser dans les années huitante. Tant qu’il y aura le plaisir, rien ne l’empêchera de le faire. La saison 1992 va être schématiquement la même que la précédente, avec une double participation sur la route au printemps : le 25 avril à Lucerne pour la Luzerner Stadtlauf (septième en 25’34″0) et dans la capitale pour les dix miles du Grand Prix de Berne (huitième en 50’37″0). Les courses sur piste ne donnent pas grand-chose de satisfaisant avec d’abord 14’20″62 sur 5000 m le 30 mai à Zoug, puis 3’42″82 sur 1500 m le 12 juin lors du meeting AtletiCAGenève. Il prend encore part à deux 5000 m le 30 juin à Helsinki (Finlande) et le 2 juillet à Copenhague (Danemark), mais là plus rien ne tourne pour lui (14’25″36 Helsinki). La situation dans laquelle se trouve Pierre est tout à fait normale. Il n’est pas possible de durer éternellement au niveau mondial. C’est pourquoi on voit d’un bon œil que Pierre continue à s’accrocher sur la route, là où il est nettement plus fort et donc performant.
Pour préparer la saison 1993, celle de ses trente-cinq ans, Pierre ne change pas son fusil d’épaule en automne. Le 7 novembre, il remporte la Corrida d’Octodure à Martigny, puis la Corrida Bulloise à Bulle la semaine suivante. Le 5 décembre a lieu la Course de l’Escalade à Genève. Une course pénible pour Pierre, qui veut suivre le train d’enfer du premier kilomètre, ce qui le met en haute dette d’oxygène, et au final il est presque content d’avoir pu terminer. Douzième, il doit même laisser filer ses camarades valaisans, Thierry Constantin et Alirio De Oliveira, neuvième et dixième, de même qu’Andreas Erni, le champion suisse du 5000 m. Il se rattrape de cette mésaventure la semaine suivante chez lui à Sion et remportant une dixième fois la Course de Noël. Pris par les envies de kilomètres sur la route, Pierre Délèze lève le voile sur un dernier projet : le marathon. Sa seule et unique tentative se déroule le 14 mars 1993 à Puteaux (France) à l’occasion du marathon des Hauts de Seine. Dans la région parisienne, Pierre termine au dix-neuvième rang en 2:18’19″0, ce qui est excellent pour une première du genre. Trois semaines ont suffi pour récupérer et pour se retrouver au départ des championnats suisse de semi-marathon à Olten. Il fait froid et il pleut en ce matin du 4 avril. Mais les concurrents ne sont pas mécontents. On prévoit un duel Markus Graf contre Pierre Délèze et il a bien lieu. Mais un troisième larron inattendu, Thierry Constantin (CABV Martigny), est brusquement venu se joindre au duo de tête après seize kilomètres, dictant alors lui-même un rythme qui oblige les deux favoris à s’accrocher. Pierre Délèze décrit sa fin de course : «C’est à Constantin que nous devons d’avoir réussi des temps relativement bons. Dans les cinq derniers kilomètres, je me suis aperçu que je n’avais pas encore totalement récupéré de mon marathon de Paris. Graf a attaqué à un peu plus de 300 mètres de l’arrivée et j’ai bien cru que c’était joué. Mais je l’ai vu un peu coincer et j’ai aussitôt senti un vieux réflexe de finisseur remonter à la surface. Je suis heureux de cette victoire. C’est bon pour le moral». Le Valaisan a gagné en 1:04’47″0 avec quatre secondes d’avance sur Graf. Il obtient ainsi son dix-septième titre suisse et surtout la limite pour les Mondiaux de Bruxelles, le 3 octobre. Le 8 mai, Pierre peut prendre la mesure la portée de ses progrès réalisés sur la route avec un record pulvérisé d’une minute et quinze secondes aux 10 miles du Grand Prix de Berne. Son chrono de 49’22″3 lui permet de monter sur la troisième marche du podium. Le 23 mai, Pierre prend part à une course très sympa du côté de Cortaillod, à l’occasion de la cinquantième étape du Tour du canton de Neuchâtel, entre le Petit-Cortaillod et Neuchâtel. Délèze s’impose au sprint devant Thierry Constantin et cette victoire fait du Valaisan le vainqueur d’étape le plus prestigieux de cette boucle cantonale. Pierre avoue à ce moment-là qu’il ne s’entraîne plus que quatre ou cinq fois par semaine. C’est tout un monde de différence par rapport aux deux fois par jour qui ont été le tarif tout au long de sa carrière… Le Swiss Meeting AtletiCAGenève devient un passage obligé pour Pierre. Cette course est plus faite pour son niveau actuel. Ainsi le 5 juin à Champel, il court là le dernier 1500 m de sa carrière, dans un chrono qui reste tout à fait correct : 3’50″36 (ce qui représente deux centièmes de mieux que son record personnel au mile). Le 26 juin a lieu à Lausanne la toute première édition du Lausanne Marathon. Parti du stade Pierre-de-Coubertin en compagnie de quelque mille autres participants dans le semi-marathon, on attend avec intérêt la confrontation entre Pierre Délèze, champion suisse de la distance, et l’Italien Barzaghi, un des meilleurs spécialistes mondiaux. S’observant, les deux hommes partent relativement lentement à l’aller, mais le retour est nettement plus rapide. C’est pourtant presque toujours Pierre qui mène et il s’en explique : «Je n’ai pas tardé à sentir que mon adversaire n’était pas au mieux. J’ai donc mené sans puiser dans mes réserves et, à 600 m de l’arrivée, je suis parti sans qu’il n’offre la moindre résistance. Dans ces conditions, je suis satisfait de mes 1:05’47″0. Ils me laissent espérer moins de 1:03′. Est-ce dire que le Valaisan tentera de participer aux championnats du monde, au début du mois d’octobre ? C’est peu probable, car il veut tenter une fois encore cette année l’aventure du marathon, et ce sera à Capri (Italie) vers la même période. Choix cornélien ! Deux semaines plus tard, Pierre retrouve la piste à Bulle pour un 3000 m de préparation en vue du 5000 m des championnats suisses. Il court au stade de Bouleyres en 8’18″14. À la fin du mois de juillet, le 31 pour être précis, Pierre conquiert un dix-huitième titre national, celui du 5000 m. Cette victoire ne s’est pas faite toute seule, loin de là. Pierre a même dû s’arracher comme un fou dans la dernière ligne droite pour mettre derrière lui Arnold Mächler (TV Wägital). Sur la ligne, quatre petits centièmes sont favorables au Valaisan. Il s’agit là de son dernier grand moment réussi sur la piste. Car on l’a compris : Pierre Délèze, à bientôt trente-cinq ans, va très certainement raccrocher à la fin de l’année ! Pour la fin de la saison 1993, il devait toujours opter, soit pour le marathon de Capri, soit pour les championnats du monde de semi-marathon à Bruxelles. Finalement Capri c’est fini pour Pierre car il a dans l’idée qu’il aura son mot à dire en Belgique. Le 3 octobre, la deuxième édition des championnats du monde de semi-marathon consacre le Belge Vincent Rousseau, qui s’est dégagé à 400 m de l’arrivée d’un groupe de cinq concurrents. Recordman national du 5000 m et du 10000 m, le Belge s’est imposé en 1:01’05″0. Il devance l’Australien Steve Moneghetti en 1:01’10″0 et l’Anglais Carl Thackery en 1:01’13″0. Deux Valaisans ont participé à l’épreuve masculine : le champion national du marathon Thierry Constantin s’est classé soixante-huitième en 1:04’10″0, tandis que Pierre Délèze a été proche avec 1:04’32″0, record personnel, pour un septante-troisième rang final. Une dernière session de courses en ville se déroule en automne. Le 6 novembre, il termine cinquième de la Corrida d’Octodure à Martigny, le 13 il remporte une nouvelle fois la Corrida Bulloise, le 27 il en fait de même à la Basler Stadtlauf et le 4 décembre il se classe huitième de la Course de l’Escalade à Genève. Enfin comme pour boucler la boucle, Pierre Délèze se présente une dernière fois au départ de la Course de Noël à Sion. Nous sommes le 12 décembre 1993 et il s’agit là de la dernière course de Pierre Délèze. Face à une forte délégation kenyane, le champion Valaisan s’est contenté de la cinquième place. Pierre Délèze, qui n’a jamais eu l’envie de continuer à concourir au niveau populaire, abandonne ainsi la compétition, sans tambours ni trompettes, à trente-cinq ans, deux mois et dix-sept jours.
Pierre, qui n’a jamais rien fait pour se mettre en avant, se considère comme un privilégié en ayant pu assouvir sa passion pendant vingt ans. Une passion qui lui a donné aussi la possibilité de voyager, de visiter de nombreux pays et de rencontrer des gens d’horizons divers. Son après-carrière, elle s’est tracée fait tout naturellement. Sa licence en lettres et son diplôme de maître de gymnase obtenus à l’université de Fribourg lui ont permis de se reconvertir avec bonheur dans l’enseignement, qu’il pratique encore aujourd’hui avec succès au centre professionnel de Sion. Opéré de la hanche droite en 2007, Pierre Délèze ne court plus du tout. Il se défoule en jouant au badminton et en faisant du vélo. «Ce qui m’intéresse, c’est surtout la montée. Durant la belle saison, je monte quasiment tous les week-ends dans notre chalet à Anzère». Depuis Sion, cela fait une sacrée grimpée. Côté sport à la télévision, il vibre aux exploits de Roger Federer. Mais à part cela, il ne s’intéresse à l’athlétisme et au monde du sport d’aujourd’hui que d’un œil distrait et amusé. «L’une de mes grandes fiertés reste d’avoir été performant sur le demi-fond, le fond et les longues distances. J’ai été sacré champion de Suisse du 1500 m, du 5000 m et du semi-marathon, avec en plus une médaille d’argent sur 800 m et un marathon couru en 2h18’19″0». Pour Pierre Délèze, le niveau du monde du demi-fond et du fond suisse actuel est comme il l’a toujours été, comptant sur des athlètes rares et exceptionnels – comme Werner Günthör ou André Bucher – pour sortir du lot. Le Valaisan détient le record suisse du 1500 mètres depuis 1985 : «Et j’en suis fier», glisse-t-il sans fausse modestie. «Je peux dire à mes apprentis : vous avez quand même un recordman de Suisse devant vous ! Cela dit, si cette marque venait à tomber, je n’en ferais pas une maladie non plus. Mais si cela pouvait durer encore un peu…». Enfin son regard sur l’athlétisme actuel montre, même s’il a fait partie des meilleurs coureurs du monde dans les années huitante, qu’il ne se fait plus guère d’illusions : «L’athlétisme subit les effets pervers de la professionnalisation, de l’argent et du dopage. Mais on ne peut pas stigmatiser tel ou tel sport avant d’avoir attrapé les tricheurs. Quand on voit des cyclistes revenir aussi fort qu’avant après une suspension pour dopage, on peut juste pressentir des choses… Par rapport à mon époque, on gagne plus d’argent et on est forcément plus tenté de tout faire pour gagner. Mais une chose est sûre : quoi qu’il arrive, ce sont quand même les meilleurs qui sont devant».

PAB

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