Coronavirus : les premiers articles dubitatifs pointent le bout de leur nez (enfin!) Covid 19 | Alors que la courbe du nombre de malades et de morts semble s’aplanir en Suisse, de premiers articles dubitatifs percent dans les médias jusqu’ici unanimement catastrophistes.

Photo : (c) ATHLE.ch/PHUSIS.ch

Depuis plusieurs semaines, l’incertitude et la peur sont de mise partout, dans tous les pays et toutes les têtes. En Suisse comme ailleurs, les spécialistes, les médias et les dirigeants sont unanimes : nous sommes au-devant d’une immense catastrophe sanitaire. Dans les hôpitaux, tous les secteurs d’activités ont été mis à l’arrêt pour accueillir la vague de malades du coronavirus. Le nombre de morts sera terrible, annoncent les épidémiologistes.

Sorte de chasse aux sorcières
Les spécialistes – fussent-ils de renom – qui ont un discours moins catastrophiste, voire pas alarmiste du tout, sont cloués au pilori comme des parias. Les médias n’interrogent que les personnes les plus inquiètes et ne montrent que les images et ne racontent que les histoires les plus terribles. Une sorte de chasse aux sorcières s’organise vis-à-vis de ceux qui mettent en doute l’ampleur de la catastrophe ou la pertinence des mesures édictées. Même s’ils suivent à la lettre les règles, ils sont pointés du doigt et traités d’irresponsables et dangereux. Quantité de personnes, d’institutions et de communes font du zèle et renforcent spontanément les exigences et les interdits, non sans ouvrir tout grand la porte de la délation.

Depuis 15 jours, tous les moyens sont mis en œuvre pour informer les gens comme il faut, pour écarter tout doute et tout soupçon. Le discours est unanime : on est au-devant d’une terrible catastrophe. Pourtant, dans les hôpitaux, désormais armés jusqu’aux dents, le calme semble de mise. Le calme avant la tempête ?

Premiers articles dubitatifs
Depuis début avril, les premières notes critiques percent ici et là, entre les lignes, sur fond d’informations objectives. L’article de la NZZ du jeudi 2 avril intitulé « La pointe dans les statistiques des morts du coronavirus : en Suisse, depuis deux semaines, plus de gens meurent déjà que d’habitude » en est un bon exemple. Le journaliste Daniel Gerny compare les chiffres d’avec ceux d’autres années et d’autres maladies. Sur la pointe des pieds, il s’étonne lui-même ligne après ligne de ses résultats, qu’il tire à grand-peine dans le sens de la catastrophe annoncée. Pourtant, ces semaines, le nombre de victimes du Covid-19 est pour l’heure moins élevé que celui du cancer ou des maladies cardio-vasculaires, et même de la grippe et des grandes chaleurs de 2015.

La grosse vague de malades et de morts tarde à venir. Prévue pour le week-end passé, elle était annoncée pour ces jours, puis reportée à ces prochains jours. Va-t-elle finir par arriver ? L’avenir nous le dira. La bonne nouvelle est qu’on est prêt à l’accueillir, dans nos poumons comme dans nos têtes et surtout dans nos hôpitaux. Et si elle n’arrive pas, ou avec moins de forces que prévu, ce serait évidemment un immense soulagement, un immense bonheur – et en même temps une leçon pour les spécialistes, les dirigeants, les médias et les individus à côté de la plaque…

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