Berlin J5 | Retour en images et impressions GALERIE & COMMENTAIRES | Photos de Daniel Mitchell, commentaires amoureux et critiques d’ATHLE.ch et d’un invité quotidien. Aujourd’hui : la place tristement célèbre des cérémonies protocolaires, une vallée de larmes, une histoire de « Very Nice Athletes » et… une tragédie norvégienne.

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Galerie photos du J5 par Daniel Mitchell

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Place tristement célèbre où ont lieu les cérémonies | Alex y a reçu sa médaille !
Bain de foule rouge et blanche jeudi après-midi pour notre médaillé de bronze du 200 m Alex Wilson, d’ailleurs chronométré en moins de… 9″7 ( !) sur ses 100 derniers mètres mercredi soir. Jubilations pour des centaines de Suisses présents avec leur T-Shirt et drapeaux. En même temps, impossible de ne pas avoir le ventre noué : l’église de la place sur laquelle ont lieu les cérémonies, le Breitscheidplatz, est en ruine partielle depuis les bombardements de fin de 2e guerre mondiale et était le théâtre des tristement célèbres attentats terroristes de décembre 2016… Sourire aux lèvres – et ventre serré : comme dans la vie.

Vallée de larmes | Grosse grosse déception
On le dit souvent : l’athlétisme est un sport dur. Demandez à la Lausannoise Sarah Atcho si ce n’est pas vrai. Auteur d’une bonne course, très bonne même, dans la foulée de la championne olympique Dafne Schippers (NED), elle coince un chouillat sur la fin, un mini-chouillat. Mais voilà que la Britannique Beth Dobbin la passe in extremis, lui prend 4 centièmes et donc… la deuxième place qualificative pour la finale. Pas de gros « Q » (pour « Qualif à la place »). Pour passer au temps, il lui faut 22″87. Mais voilà que le chrono indique… 22″88. Pas de petit « q » (« qualif au temps ») non plus. Pour un centième. Elle manque la 2e place pour 4 centièmes, la 8e pour un centième. Grosse grosse déception – et vallée de larmes.

Vous n’êtes pas convaincu ? Demandez aussi à Selina Büchel, Jason Joseph, Delia Sclabas…

Premier invité du jour : une téléspectatrice attentive, enthousiaste et… amoureuse d’athlétisme
En Suisse, on a Federer, la Nati, Nicola Spirig et surtout ces jours Mujinga Kambundji, Alex Wilson, Lea Sprunger et Tade Abraham. Mais, en hiver, on a aussi Dario Cologna et Nathalie von Siebenthal. Et si vous avez déjà regardé le ski de fond, vous n’avez pas manquez de voir apparaître, après la ligne d’arrivée, un rectangle portant le sigle « LL », comme vous avez aussi entendu parler des « Lucky Losers ».
Les « Lucky Losers » sont les « heureux perdants », ceux qui ne sont pas premiers, ne se sont pas qualifiés directement, mais qui passent tout de même au tour suivant. Sauf qu’en plein hiver, en ski de fond, on ne les voit pas attendre leur éventuelle qualification.
Tout au contraire, à Berlin 2018, les « Lucky Losers » sont illustrés dans un box – des ainsi nommés « Hot Seat Activated » – permettant de les observer pendant la dernière série ou la dernière demi-finale. Il y a ceux qui sont couchés par terre et tentent de reprendre leur souffle, ceux qui préfèrent ne pas regarder, ceux qui regardent mais se rongent les ongles, ceux qui prient, ceux qui font mine de rien et discutent ensemble. Puis il y a surtout ceux qui crient, qui sautent, qui pleurent, qui sourient, qui se congratulent, qui se consolent, qui brandissent fièrement leur panneau « Ticket to the final ». Dans tous les cas, les « Lucky Losers » deviennent des « Very Nice Athletes ».

Second invité du jour : un demi-fondeur valaisan, enthousiaste et… amoureux d’athlétisme | Une drôle de tragédie, côté piste, côté gradins
Le tout Berlin s’est mis sur son trente et un pour un spectacle qui s’annonce grandiose dans ce cadre on ne peut plus théâtral. Tenue de circonstance pour certains fans : rouge, bleu, blanc, et, comble du chic : le casque à cornes. On est de tradition Viking.

Enfin arrive le clou du spectacle, qui tourne à la comédie. Tout ce beau monde laisse même échapper un éclat de rire au départ du 1500 m. Ah, tellement prévisible ! Le retrait en queue de peloton, testé individuellement par les trois vikings cette saison, est mis en pratique à la chaîne. Non, on ne nous la fait pas, celle-là !

Et puis cette histoire devient gentiment sérieuse. Agaçante, même. C’est une fusée à trois étages qui décolle. Pour couper court à toutes les interrogations, pour n’en épargner qu’une : dans quel ordre, sur la ligne ? Quoi, ils ne se contentent pas de viser le triplé, ils veulent de plus contrôler et écraser la course ? Qu’est-ce qu’il leur prend, à ces grands fous ?

Scénario agaçant. Le public est à deux doigts de quitter la salle. Même les vaillants assauts de Tesfaye, qui pensait délivrer un récital germanique, sont étouffés dans l’œuf par le rouleau compresseur norvégien. Quelle insolence ! Ils se croient sur des vélos, ou quoi ?

Tout ça, c’était sur le devant de la scène. En coulisses, tapis dans l’ombre, guignant juste en à-coups à l’intérieur du stade, le grand metteur en scène de cette performance : le père, Gjert, tout aussi terrifiant que son trio de fils. Là, il ne voit pas venir le coup de théâtre, qui le met dans ses petits souliers. Après la course, il reste là, hagard, sans trop savoir quoi dire à ces dizaines de caméras pointées sur lui longtemps avant la tombée de rideau.

Est-il déçu d’avoir loupé le triplé ? Sous le choc que l’aîné, de retour de blessure, celui qui, dit-on, lui échappe le plus, échoue à nouveau au pied du podium ? Abasourdi que son tenant du titre finisse presque dernier ? Que ce soit le benjamin qui rafle la mise, seul rescapé de cette tentative complètement folle ? Ou est-ce aussi de la gêne, envers celui-là justement, qui maintenant fait le bouffon sur la piste, alors qu’il a presque failli tout perdre par insolence ?

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