Interview | Retour sur une journée faste pour Sarah Atcho EXPLOITS | Dimanche, dans le cadre des Championnats fribourgeois, la Lausannoise Sarah Atcho (22 ans/Lausanne-Sports) a fait parler la poudre comme jamais sur le Stade de Bouleyre à Bulle. Pour écraser ses deux records de sprint : 11"33 (+1,3 m/s) sur 100 m et 22"91 (+1,9 m/s) sur 200 m. Sur le demi-tour de piste, elle a du même coup été 19 centièmes plus rapide que les minima exigés pour les Mondiaux de Londres au mois d’août prochain. Retour sur sa journée, qui s’annonçait tout sauf faste.

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Photo: (c) Gérald Rumo/Sportfan.ch

Sarah, comment ça va ce matin, après les exploits de hier ?
Ce matin, ça fait mal. Je n’ai vraiment pas bien dormi. J’ai eu mal partout, des crampes et tout ça. Donc, de ce côté-là, je peux mieux faire.

Raconte-nous en quelques mots ta journée de hier
On était sur place super tôt pour la première course et je n’étais pas très sûre de ce que j’allais pouvoir faire là-bas. Je ne me sentais pas prête du tout (depuis deux semaines, Sarah Atcho souffre d’une blessure sous une fesse qui l’a privée de compétitions, ndlr.).

Après le premier 100 m (terminé en 11″33 : record personnel battu pour 11 centièmes, ndlr.), j’ai un peu repris confiance en me disant que la vitesse était là mais que la résistance m’avait certainement lâchée. On a alors été invités à manger chez Laurent (Meuwly, son coach, ndlr.) entre les deux courses et c’était vraiment reposant et agréable de sortir du stade, pendant les 5 heures entre les deux 100 m.

Avant le 200 m, j’ai failli pleurer parce que je ne voulais absolument pas courir. J’avais peur de mal faire et ne pas assurer ma place dans le relais… Les discours de Laurent et Clélia (Rard-Reuse, son ancienne collègue d’entraînement) m’ont vraiment motivée à au moins essayer et voir ce qui se passe.

Qu’est-ce que tu sens et te dis à 30 m de la ligne d’arrivée du 200 m ?
A 30 m de la fin, je n’ai pas l’impression d’avoir fait une course de folie, alors je me dis que je n’ai pas le droit de mourir sur les derniers mètres.

Et une fois la ligne franchie ?
Une fois que je vois le temps, je hurle et fonds en larmes, même si je suis persuadée que ce n’est pas possible, que le vent va être trop fort. Le speaker annonce alors un vent régulier. J’ai pleuré bien 10 minutes parce j’étais trop contente, aussi pour Sam (Samantha Dagry du Lausanne-Sports, PB en 23″90, premier chrono sous les 24 secondes, ndlr.) et Anika (Krone, du CA Fribourg, PB en 24″56, minima pour les Europe U20, ndlr.).

Elle a quoi de spécial la piste de Bulle ?
La piste est bien comme je les aime, avec un long virage ! Aujourd’hui, on a eu beaucoup de vent de face dans le virage, alors ça a été compliqué, mais on s’en fiche complètement maintenant.

Et cette fesse, comment elle va ? Tu sens encore quelque chose ?
La fesse me frustre un peu, parce qu’elle n’est pas prête à me laisser tranquille. Mais j’y travaille vraiment tous les jours. Je suis contente de ne pas courir le 200 m à Vaasa (FIN/aux Europe par équipe la semaine prochaine, ndlr.) pour pouvoir du coup la reposer un peu.

Quelle est la suite du programme ?
Je vais en parler aujourd’hui avec Laurent, parce que je ne sais pas du tout si je fais toutes les courses prévues initialement dans le plan.

Galerie | L’émotion d’Atcho à Bulle capturée par Gérald Rumo (Sportfan.ch)

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