Ambiance électrique lénifiée à Rio COMMENTAIRE | Les Jeux olympiques de Rio ont débuté il y a peu, dans une ambiance électrique. La fête sportive et la course aux médailles a mis entre parenthèse les doutes et les problèmes.

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Volontiers soupçonné d’être hors de contrôle et peu soucieux d’éthique, le Comité international olympique (CIO) a envoyé des signaux contradictoires dans la dernière ligne droite avant les Jeux. Le CIO s’est mis sous le feu de la critique, notamment en manquant de trancher dans le dossier du dopage russe. La décision de finaliser la liste des sportifs russes autorisés à concourir et d’exclure tous les Russes des Paralympiques ne renforce en aucune façon la crédibilité des grandes instances sportives internationales.

En amont des jeux, la haute autorité morale qu’est le CIO avait la possibilité de se montrer forte et d’engager une révolution du monde sportif. Mais le CIO a courbé l’échine face à d’immenses pressions géopolitiques et enjeux économiques inavouables. Le tout sur fond de problèmes organisationnels et d’injustices sociales. Dans la lignée de ce qu’on a vu de la FIFA et de l’IAAF, le spectacle donné par le CIO ne brille qu’en surface.

Réflexions en vrac
Si le président du CIO Thomas Bach (GER) a depuis le début de son mandat pris des positions fermes, notamment sur les nouvelles candidatures, les questions d’éthique, de sincérité, le CIO n’a, les jours précédents les Jeux, pas réussi à défendre une position forte. Cela alors même que, en matière de dopage russe, le Tribunal arbitral du Sport (TAS) avait donné raison à la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) et que le CIO avait donc toutes les cartes en main sur le plan juridique pour amorcer un changement radical.

Exclure un pays est une décision politique lourde. Seuls deux l’ont été par le passé : l’Afrique du Sud (à l’époque de l’Apartheid) et l’Afghanistan (des Talibans). Au lieu de trancher, le CIO s’est vu contraint de jouer le rôle d’équilibriste. Au moins pour ce qui est des Jeux des valides ; les Russes ont tous été exclus des Paralympiques qui suivront juste derrière.

Question dopage, seules des mesures extrêmes peuvent faire avancer les choses : l’exclusion à vie des tricheurs. Interdire aux Russes de concourir et non aux autres anciens dopés est tout simplement injuste.

En tant qu’activité humaine la plus répandue, partagée et fédératrice de la terre, le sport est un révélateur de la marche du monde : objet d’une formidable exploitation au service de l’économie et de pseudo-doctrines d’éthique et d’état. Après les Jeux d’hiver de Sotchi et le message d’une grande Russie intégrée à la planète capitaliste, le vent souffle soudain dans l’autre sens.

A chaque fois, le CIO se trouve contraint de prendre des décisions qui plaisent à tout le monde, qui froissent le moins de gens possibles. Il ne veut pas trop critiquer la Russie, membre très important et influent du mouvement olympique ; et veut en même temps faire plaisir aux Occidentaux les plus antirusses ainsi qu’à tous ceux qui exigent des sanctions exemplaires. Les intérêts privés, financiers du CIO sont gigantesques : les JO vont lui rapporter plusieurs milliards. Il ne faut surtout pas que le public, les médias s’en désintéressent ; il faut tout faire pour que les états et les marques continuent à investir plus que de raison. L’enjeu est simple : plaire à tout le monde, faire en sorte que le public suive, à n’importe quel prix.

Le sport enthousiasme des milliards de personnes tout autour de la planète. Les organes sportifs font d’une certaine manière office de service public. Un droit de regard externe est aujourd’hui devenu indispensable. Il y a des valeurs, des liens à renouer entre sport professionnel et amateur. Les fédérations internationales ont une mission que, pour l’heure, elles ne remplissent pas.

A Rio, le sport et les anecdotes sont en train de jeter aux oubliettes tout doute et tout problème.

 

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