L’homme ou la machine ? PENSÉE ATHLÉTIQUE | A Séoul se joue ce mardi la 5e et dernière rencontre de jeu de Go opposant le programme informatique AlphaGo de Google au grand dominateur mondial de ces dix dernières années Lee Sedol (KOR). Mais, au vu du score (3-1), l’homme a déjà perdu la bataille face à la machine.

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L’objectif était simple : déterminer, dans un tournoi en cinq manches, qui de l’intelligence humaine ou artificielle est la plus efficace au fameux jeu de stratégie combinatoire abstrait chinois. Et l’homme a perdu. Comme déjà le champion du monde de jeu d’échecs Garry Kasparov en 1997 contre l’ordinateur Deep Blue d’IBM.

Le tournoi qui s’achève ce mardi montre les énormes progrès effectués depuis une dizaine d’années dans le domaine de l’intelligence artificielle, notamment grâce au deep learning : ensemble de méthodes d’apprentissages automatiques de modèles de données. DeepMind, la filiale de Google qui a développé le programme AlphaGo, fanfaronne avoir escaladé « l’Everest de l’intelligence artificielle ».

« Je ne sais pas quoi dire », a déclaré, abattu, le joueur-star Lee Sedol. « Je m’excuse de ne pas avoir été à la hauteur des attentes. Je me suis senti comme impuissant », a ajouté le champion, qui reconnaît avoir « mal jugé » les compétences du programme. « C’est vrai que j’ai une expérience considérable, mais je n’ai jamais été soumis à une telle pression (…) et j’ai été incapable de la surmonter ».

COMMENTAIRE : L’homme a de longue date perdu la bataille de la technique. Le cerveau biologique est déjà infiniment moins puissant qu’un système expert. Les techniciens jubilent : la capacité de calcul d’un ordinateur est aujourd’hui de 30 millions de milliards d’opérations par seconde. Demain, il sera d’un milliard de milliard d’opérations dans le même laps de temps.

PERSPECTIVE : La victoire d’AlphaGo sur l’homme pose des questions : est-il malin d’apprendre le jeu de Go à l’intelligence artificielle ? Faut-il vraiment lui apprendre la stratégie, le faux-semblant, la manipulation, le mensonge, la triche ? Rien n’est moins sûr : lui apprendre à nous battre aux jeux de société revient à la pousser à nous battre demain à des jeux beaucoup moins innocents.

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